Fiction - La Nature de Roxane (et autres) ♥

La Mystère D’une Vie – Chapitre 2

CHAPITRE II

April arpentait le sombre couloir à grands pas. L’éclairage était faible, mais peu importait, car elle voyait parfaitement bien. Une infirmière somnolait sur un fauteuil en cuir, derrière un bureau. A part elle, personne ne rôdait dans les parages.

La jeune fille avait la gorge en feu. Elle ne pouvait plus faire un pas sans haleter. Elle craignait de réveiller la femme endormie. Ses yeux aussi la brûlaient. Elle voyait trouble par moment, et avait des sueurs froides. Elle ne tenait plus debout. Pourtant, il fallait s’en aller, et vite.

Une main au cou, elle s’assit dans le corridor, épuisée. L’autre main suspendue à la barre, elle leva les yeux. Ces derniers se posèrent sur le plan de l’hôpital. Elle lut qu’il avait une réserve située au sous-sol. April avait un plan bien précis de ce qu’elle voulait faire. Rassemblant toutes ses forces, elle se releva avec difficulté, mais son espoir prit le dessus. Elle reprit sa progression vers son but.

Une pancarte « réservé aux employés » était accrochée sur la porte de la réserve. Pour parvenir à entrer, il lui fallait un code.

Soudain elle se souvint de ce rêve étrange qu’elle avait quelques minutes auparavant. Les chiffres -qui étaient jusque-là insignifiants- prirent forme, et elle put les déchiffrer. Elle tapa sur les touches : 31052J.

Le voyant clignota en rouge. Zut. Elle tenta une nouvelle combinaison : 52103J.

La porte céda.

Elle entra en toute hâte et s’assit sur un carton le temps de reprendre des forces. Si elle s’était rendue à la réserve, c’était parce qu’elle avait soif. Il y a des robinets, diriez-vous, mais y a-t-il des robinets de sang ? Non… Or, April avait une très forte envie de sang. Depuis son réveil, aucune autre boisson ne la désaltérerait, d’après elle.

Des étagères en fer étaient dressées contre trois murs, ainsi qu’au milieu de l’étroite pièce, créant deux rayons. Sur la quatrième paroi, trois grands réfrigérateurs bourdonnaient doucement, comme un faible essaim d’abeilles agonisantes. Elle leva son bras avec peine qu’elle tendit vers la poignée. La lourde portière en métal s’ouvrit sans grincer. A l’intérieur, étaient alignées des dizaines de poches de sang, classées par groupe. Elle ne prit pas la peine de se demander si elle rêvait ou non, ni de savoir ce qui avait provoqué ce changement en si peu de temps… Bon d’accord, en une semaine, mais elle n’oubliait pas que quelqu’un l’avait agressée. Mais qui ? Pourquoi ?

Une larme coula sur sa joue tiède, puis elle s’empara de la poche de sang.

A l’aide de ses dents, elle arracha le bouchon en plastique transparent. Elle approcha lentement sa bouche du goulot, quand soudain, une douleur fulgurante traversa sa gencive supérieure, s’étalant dans ses canines. Elle en lâcha la poche de sang, qui s’écoula sans peine sur le sol carrelé. Mais que faire ? Elle palpa rapidement l’intérieur de sa bouche avec sa langue… À la place de ses petites canines inoffensives, deux longs crocs saillants et tranchants avaient poussé. Elle ne put s’empêcher de lâcher un cri d’effroi.

Lorsqu’elle se remit de son affolement, elle ramassa l’emballage en plastique désormais vide. Avec un peu de chance, elle trouverait quelques mouchoirs ou une serviette ou n’importe quoi pour éponger le sang.

Ne trouvant rien, elle rouvrit la porte en fer gardant au frais les boissons sanguines. Elle faucha une seconde poche de sang. Cette fois-ci, malgré la douleur qui la traversait encore, elle mit rapidement la bouche sur l’ouverture du récipient et avala une gorgée.

Ce fut comme une résurrection, une nouvelle vie. Ce flot de bonheur qui l’envahissait supprima toute sa souffrance. Elle semblait guérie d’une quelconque maladie. La jeune vampire ne put s’empêcher de boire toute la poche de sang. Ce gout de fer, aussi unique qu’il soit l’emplit d’une fierté intense, presque irréelle. Elle ne se souciait plus de rien. Pas même de l’endroit où elle irait passer la nuit.

-☆-

Dehors, l’air frais la rassura. Etrange, se dit-April. La dernière fois qu’elle avait été en contact avec le froid, elle tremblait. Que lui était-il arrivé ensuite ? Elle ne se souvenait que de cette douleur atroce dans son cou, de ces images brouillées, et d’une vague silhouette. Elle s’efforça de ne plus penser à cela, bien que cette question la hantait plus que tout.

Elle décida de retourner en douce dans son foyer mais chassa vite cette idée. C’était pour elle le moment idéal pour quitter ce pays maudit et démarrer une nouvelle vie ailleurs. Bien qu’elle n’ait que seize ans, elle se sentait prête à tout quitter.

Finalement, elle jugea utile de passer chez elle discrètement pour prendre un sac-à-dos, quelques vêtements et de l’argent.

La rue était sombre, quelques personnes ivres passaient par-là. Des voitures garées sur le côté de la route paraissaient délaissées. Toutes étaient vieilles, leur peinture défraichie et écaillée. Certaines avaient une vitre brisée. Elle ne tarda pas à apercevoir la vieille bâtisse dans laquelle elle avait malheureusement vécu pendant tant d’années. Tant d’années où elle fut négligée, oubliée, délaissée, abandonnée. Ce sentiment de solitude ne lui faisait plus peur. Elle avait appris à vivre avec, à lui créer une place dans son esprit.

Les lumières étaient –par chance- éteintes. Elle n’eut pas de mal à grimper au mur en s’aidant du lierre qui avait grandi ici, comme elle. C’était un des avantages à être un vampire, que de pouvoir grimper aux murs, ou faire des bonds jusqu’à cinq mètres de haut.

La fenêtre de sa chambre était bien évidemment fermée. Elle avait hérité de la plus petite pièce de la maison, la plus appart. Ça l’arrangeait de toute façon. Elle s’accroupit sur le rebord en marbre de l’ouverture, puis tenta de toutes ses forces de l’ouvrir. Elle y parvint avec peu de difficultés. Elle réprima un rire heureux lorsqu’elle constata sa force. Auparavant, elle fétiche, d’une faiblesse effrayante.

Elle sauta à l’intérieur de la chambre. Son lit était défait, ses vêtements trônaient de part et d’autre de la pièce. Encore un tour de sa machiavélique demi-sœur. Cette dernière faisait irruption dans la chambre d’April quand bon lui semblait sans aucun scrupule. Elle lui prenait des vêtements, bien qu’elle n’en ait pas beaucoup, des chaussures, ou sinon, elle venait lui piquer ses évaluations. La demi-sœur d’April, qui s’appelait Anae avait elle aussi seize ans. Heureusement pour April, elles n’étaient pas dans la même classe. C’est la pauvre fillette qui passait toujours les contrôles avant. C’est donc pour cela qu’Anae en profitait pour les lui prendre. Il faut dire aussi qu’April était une élève brillante.

Elle s’empara d’un vieux sac-à-dos noir et le rempli d’un jean délavé, quelques t-shirts mis en boules, des sous-vêtements, un livre, et surtout, elle n’oublia pas d’emporter de l’argent. Elle prit ses soixante dollars, sachant bien que cela ne lui permettrait même pas de passer une nuit dans un hôtel.

Elle se retourna pour se regarder dans son miroir, mais contre toute attente, elle ne parvint pas à se voir correctement. Sa silhouette était floue, ses contours étaient comme effacés, dénudés de vie, inexistants. Elle refreina un cri de stupeur. Même si son allure ne l’importait guère, elle sentit son cœur se serrer. Comment passer le reste de sa vie sans se voir, sans pouvoir réfléchir devant son reflet –ce qu’elle faisait très souvent- ?

Contrariée, elle ôta la stupide chemise de l’hôpital. A la place, elle enfila son jean et un t-shirt noir, et attacha ses longs cheveux ébène.

Une fois son sac refermé, elle descendit sur la pointe des pieds dans la chambre de ses « parents ». La porte, comme à son habitude grinça. Un frisson la parcourut. Elle sentait le regard de quelqu’un derrière elle. Elle se retourna, stupéfaite, mais pourtant, personne n’était là.      

La jeune fille fit un pas à l’intérieur de la pièce sombre, quand soudain, la lampe de chevet de Mr Fyns s’alluma dans une lueur jaunâtre, presque effrayante. April fut secouée par la peur. D’un coup, son instinct réagit à sa place. D’une seconde à l’autre elle se retrouva dehors, au clair de lune. Comment est-ce possible ?

 Elle ignorait jusque-là que les vampires avaient une vitesse hors du commun. Restée plantée au milieu de la route, ébahie par tant d’avantages, elle en oublia presque l’incident. Soudain, elle remarqua qu’elle n’avait pas pris d’argent. Pourtant, ces quelques dollars de plus lui seraient d’une aide énorme ! Elle retourna à l’intérieur de la sinistre maison par la fenêtre de sa chambre une nouvelle fois.

Merci d’avoir lu ! A très bientôt pour la suite !

2 Réponses à “La Mystère D’une Vie – Chapitre 2”

  1. Le 19 janvier 2014 à 9 h 40 min Natsukaze a répondu avec... #

    Pas mal comme histoire ! <3 Continue comme ça ! Je te suivrais ! 8D

    • Le 20 janvier 2014 à 13 h 24 min elenaxsalvatore a répondu avec... #

      Merci ! avec joie ! Ton blog aussi est pas mal j’aime bien ;)

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